Journée des malouinières 2025

Quatre demeures composent un programme qui a réuni une affluence record de quatre-vingt-quatorze participants répartis dans deux autocars.

La Tréhérais à Saint-Servan

Xavier de Mont-Marin, dans une présentation émaillée de traits d’humour, partage les nombreuses interrogations que lui inspire la demeure qu’il occupe avec son épouse Tiphaine. Et d’abord, question fondamentale : la Tréhérais peut-elle véritablement être qualifiée de malouinière ? Après avoir exposé, avec esprit, les arguments plaidant pour ou contre cette appellation (pour : époque de la construction, composition symétrique des trois travées, présence d’un pigeonnier ; contre : résidence principale et non secondaire, toit peu pentu, absence de chapelle…), il conclut malicieusement en créant le nouveau concept de « quasi-malouinière ».

L’incertitude ne s’arrête pas là, puisque la date précise de sa construction demeure elle aussi sujette à débat. Si l’on retient communément celle de 1730, sous Louis XV, certains éléments architecturaux (tels que la rampe d’escalier) évoquent davantage le style Louis XIV. Faut-il y voir l’œuvre d’un Louis XIV « tardif » exécuté sous le règne de Louis XV ? L’hypothèse n’est pas exclue.

En revanche, la chronologie des propriétaires successifs est, elle, bien établie. Xavier de Mont-Marin a recensé, avant la sienne, une quinzaine de familles détentrices depuis Antoine Lionnais, en 1730. Avec son épouse, ils ont acquis la demeure il y a neuf ans, auprès de Monsieur François Charpy, officier des haras, qui en était propriétaire depuis 1972. Parmi les précédents occupants figurent notamment la société Châtel et Dollfus, qui en avait réservé l’usage à son dirigeant, Jean Carpentier ; un homme de lettres, Edward Carrington ; ou encore l’armateur Clément Botrelle.

Une autre incertitude est soulevée par Xavier de Mont-Marin : la Tréhérais s’appelle-t-elle ainsi depuis toujours ? La réponse est probablement négative puisqu’en 1810 un acte de vente indique que la propriété se nomme La Villalis. À cet égard, Xavier de Mont-Marin semble faire siennes les interrogations de Monsieur Philippe Petout, l’ancien conservateur des Musées de Saint-Malo, qui se demandait si l’actuelle Tréhérais « n’aurait pas fait partie à l’origine du même enclos que celui du manoir plus ancien (XVIe siècle au moins) à tourelle d’angle de la Petite Ville Aly car comme cela arrivait fréquemment les propriétaires de ces anciens manoirs faisaient construire aux siècles suivants (XVIIe et XVIIIe) un nouveau corps de logis plus moderne, mieux aspecté et transformaient l’ancien manoir en ferme ou dépendances. Le nom même donné à la voie « rue des Villes Allis » (où la Tréhérais se situe au numéro 8) pourrait ainsi bien confirmer l’existence de deux propriétés aumoins ayant porté le même nom ». De fait, la rue borde, à la fois, la Petite Ville Aly au nord-est et Castel-Ally au sud ouest.

Cette évolution probable permettrait d’expliquer que certains éléments sculptés de l’ancien manoir aient été transférés à cette occasion dans la nouvelle demeure, ce qui justifierait à la fois la présence des armoiries au premier étage de la façade extérieure et celle d’un intéressant manteau de cheminée, clairement antérieur au XVIIIe siècle. Nous en revenons donc à ce Monsieur Lionnais qui après avoir acheté le vieux manoir de la Petite Ville Aly aurait fait construire une demeure plus moderne plus haut sur son terrain, à savoir l’actuelle Tréhérais qui va conserver ce nom de Ville Aly pendant un certain temps.

La visite de La Tréhérais s’achève par la descente d’un jardin en espalier, une succession de plans plats séparés par des escaliers, bordé d’un grand nombre d’arbres dont un très beau hêtre pourpre. En bas, dans l’angle, un promontoire permettait probablement de voir la mer ou, du moins, la grève, avant la construction de la digue Moka-Marville.

La Ville-Gilles à Saint-Méloir-des-Ondes

Notre itinéraire nous mène ensuite à la malouinière de la Ville-Gilles, bâtie en 1721 par Pierre- François Nouail, sieur du Fougeray, sur l’emplacement d’un vieux manoir déjà attesté en 1513. Cette demeure élégante et imposante se distingue par quatre souches massives de cheminée encadrant une haute toiture d’ardoises.

Hélas, depuis la Seconde Guerre mondiale, la propriété avait subi de nombreuses altérations : en 1954, faisant suite à son acquisition par la DDASS, un vaste bâtiment administratif lui fut accolé ; un monumental escalier hélicoïdal métallique fut plaqué sur la façade ; enfin, les menuiseries d’origine cédèrent la place au PVC. À l’intérieur, tout avait été éventré : ne subsistaient plus que l’escalier de bois, la cheminée d’apparat et celle de la cuisine.

Lorsque Marc et Agnès Villand (dont le dynamisme entrepreneurial mérite d’être souligné) rachètent la malouinière à un traiteur en janvier 2021, l’édifice est littéralement « à bout de souffle ». Avec l’assentiment des Bâtiments de France, qui leur accordent une large liberté dans le logis de la malouinière elle-même en raison des destructions antérieures, ils lancent une restauration en profondeur : le bâtiment administratif se voit désormais désolidarisé du corps principal ; toutes les menuiseries PVC ont été remplacées par du bois ; l’escalier « façon Baïkonour » a disparu ; la chapelle va être rénovée et quatre-vingts boxes disgracieux seront prochainement démolis. La réhabilitation de l’accès au petit étang (jadis piscine pour les chevaux) et la consolidation de ses berges figurent également au programme.

Initialement tentés par la culture de plantes aromatiques et médicinales mais tirant profit du réchauffement climatique et de l’acidité naturelle du sol breton, les nouveaux propriétaires se sontfinalement tournés vers celle du thé. Formés au Japon, ils donnent ainsi corps à une intuition ancienne déjà testée par un premier projet breton dans la vallée du Blavet où nos hôtes ont complété leur formation : sous Louis-Philippe déjà, une étude savante concluait que le thé pouvait prospérer en Bretagne. Pour concrétiser ce projet, ils ont racheté sept hectares et demi d’anciennes terres attenantes, portant la superficie totale à douze hectares et demi. Vingt-huit mille théiers ont déjà été plantés mais l’objectif à terme est nettement plus important.

La consommation du thé trouve ses origines en Chine durant l’Antiquité, avant de se répandre progressivement à travers l’Asie, notamment jusqu’au Japon. Elle atteint l’Europe dès la Renaissance. Au XIXe siècle, les Britanniques introduisent sa culture en Inde, animés par la volonté, comme nous l’expliquent nos hôtes, de transformer les habitudes des ouvriers pendant leurs pauses, en remplaçant la consommation de vin par celle, jugée plus saine, du thé.

Cette boisson provient du camélia à fleurs blanches, Camellia sinensis (camélia chinois), plante de sous-bois par excellence qui redoute le plein soleil et les vents. Sa culture s’apparente à celle de la vigne (ne dit-on pas d’ailleurs qu’il existe autant de thés qu’il y a de vins ?) et il faut attendre entre cinq et sept ans avant qu’il n’atteigne sa pleine maturité. À la Ville-Gilles, des arbres fruitiers ont été plantés pour offrir l’ombrage nécessaire. La plante requiert beaucoup d’eau, mais de manière régulière en évitant l’irrigation par goutte-à-goutte, laquelle, en cas de panne, pourrait affaiblir les plants.

Pour nos hôtes, la tâche est, en effet, ardue : il faut réveiller la vie biologique des sols, adapter les méthodes à chaque parcelle, et respecter les critères particulièrement stricts de l’agriculture biologique, plus exigeants en France que partout ailleurs dans le monde. En outre, les récoltes, qui s’échelonnent de fin avril à septembre et peuvent avoir lieu jusqu’à cinq fois par an, exigent une importante main-d’œuvre. Deux emplois et demi ont été créés, mais il est nécessaire, comme pour les vendanges, de faire appel à des renforts extérieurs (jusqu’à présent, surtout des amis !).

Alors qu’en Chine le rendement est de deux tonnes par hectare et qu’au Japon il varie entre cinq cents kilos et une tonne, la production prévue à la Ville-Gilles (qui commercialise le « Thé malouin » ) est de l’ordre de cent kilos de thé sec par hectare. Cette faible quantité s’explique notamment par le fait que tout y est réalisé à la main, dans un souci extrême de qualité. La première récolte de l’année a eu lieu le 12 mai sur une petite parcelle : un kilo de feuilles a permis d’obtenir cent trente grammes de thé vert et autant de thé noir, une déperdition qui s’explique par le processus de transformation, particulièrement long et minutieux, dont nous avons pu suivre les étapes dans l’atelier dédié et qui détermineront la couleur du thé : noir ou vert. Les récoltes vont se prolonger cet été au rythme d’une par mois.

Le « Thé malouin » est résolument destiné à devenir un thé d’exception. Sa commercialisation se fera en ligne, dans une boutique sur place, dans un salon de thé, ainsi que dans des épiceries haut de gamme. Il faut savoir, à ce sujet, que les sociétés les plus prestigieuses commercialisant le thé sont françaises : Palais des thés, Kusmi Tea et Mariage frères. La réputation elle-même des thés produitsen France est également excellente, à l’inverse de celle des marques anglaises, souvent de moindre qualité, notamment lorsque leurs thés sont mélangés à de la bergamote.

Restaurant panoramique de l’hippodrome de Saint-Malo

Un excellent déjeuner nous est ensuite servi dans ce restaurant baigné de lumière, qui offre une superbe vue panoramique sur l’hippodrome de la cité corsaire. En l’absence de courses, nous laissons libre cours à notre imagination, croyant presque ressentir sous nos pieds le martèlement puissant des sabots des chevaux lancés à pleine vitesse. Pendant ce temps, pour respecter le rythme d’une journée aussi dense que parfaitement orchestrée, les objets de tradition nous sont offerts à la vente.

Rivasselou à Paramé

Édifiée entre 1783 et 1785 sur l’emplacement d’un vide-bouteilles, cette demeure, pleine de charme, est considérée comme la dernière des malouinières. La propriété, transmise par les femmes, est restée dans la même famille du XVIe siècle jusqu’en 1922. date à laquelle elle a été achetée par le grand-père de l’actuel propriétaire, Christophe Bastide, qui nous la présente avec enthousiasme et rigueur. Il reste peu de documents sur la maison puisque l’essentiel a brûlé pendant la dernière guerre. Si la famille d’origine s’appelait Gaudron des Champs (dont on sait qu’elle y recevait les Robert de Lamennais et les Offray de La Mettrie, ses cousins), c’est leur descendant Guy Louvel du Parc, maire de Saint-Malo de 1789 à 1790, qui fit construire la malouinière proprement dite. On y fait également souvent référence en tant que « Manoir de Rivasselou ».

Véritable thébaïde, éloignée des tracas de l’intra-muros où il gérait ses affaires, Guy Louvel du Parc appréciait grandement un tel havre de paix. D’autant plus qu’à cette époque, la vue offrait une magnifique perspective vers le sud-ouest sur une vaste étendue de quatre cent cinquante hectares de terres submersibles (depuis lors poldérisées), décrites par l’abbé Manet comme « la petite Méditerranée malouine ». Celle-ci portait jusqu’à la cathédrale et l’église Sainte-Croix à Saint- Servan.

Lors de la construction, Louvel du Parc avait souhaité faire édifier deux maisons en une en profitant de sa situation sur un coteau. Le résultat est très frappant tant les deux façades sont dissemblables. C’est ainsi que, du côté de la cour d’honneur, le logis est rétréci pour lui conférer un aspect volontairement modeste avec un simple rectangle de façade et un seul toit. Diverses techniques architecturales ont été utilisées pour y parvenir : la partie droite de la façade est partiellement occultée par un pilier du portail de l’enceinte qui lui est accolé, la gauche par un petit bâtiment en retour d’équerre ; la quatrième travée de fenêtres est cachée.

L’autre côté est très différent avec, non plus, une seule toiture mais cinq. La maison ne se présente plus sous la forme d’un rectangle mais d’une pyramide ou d’un triangle. Il n’y a plus trois travées de fenêtres visibles mais sept. La maison est également plus longue que du côté cour, avec un effet de taille augmenté par des « astuces » pour tromper l’œil. Ainsi, la petite chartreuse à droite de l’édifice est-elle le second pan de toiture du bâtiment de l’ancienne cuisine dont l’autre pente, du côté cour, « mange » une partie de la façade pour la diminuer. De même, la petite chartreuse qui allonge la perspective sur la gauche n’est-elle qu’une illusion d’optique. Il ne s’agit, en fait, que d’un petit écoinçon dans une pièce. En outre, une succession de neuf lignes horizontales (pierres de soubassement, linteaux alignés, bandeau d’étage…) agrandit la maison, dont certaines fenêtres datent encore de 1783 avec leurs vitres en verre soufflées à la bouche.

Un jardin en forte pente descend élégamment en terrasses et vient compléter de la plus belle des façons le déploiement de la malouinière sur sa façade la plus noble.

Le 13 juillet 2000, la malouinière est inscrite Monument Historique. Christophe Bastide et son épouse ont repris Rivasselou en 2010. Ils y ont entrepris de vastes et méticuleux travaux de restauration, guidés par une exigence exemplaire de fidélité historique. Chaque intervention a été pensée dans le respect scrupuleux des techniques, matériaux et savoir-faire du XVIIIe siècle. Cette rénovation exemplaire illustre un attachement profond à l’authenticité architecturale et à la transmission du Patrimoine dans son esprit d’origine. Notre hôte souligne la difficulté qu’il y a à parer les menaces pesant sur le Patrimoine surtout en zone urbaine. Il cite, par exemple, un projet municipal ayant visé à détruire la maison dans les années 60 afin de pouvoir percer un boulevard. Il y en aura encore bien d’autres, par la suite. Il insiste sur le devoir de vigilance que nous devons tous avoir en la matière, même si les choses se sont améliorées depuis ces mêmes années 60 quand « le Patrimoine était considéré comme une gêne ».

La Fosse-Hingant à Saint-Coulomb

Nous sommes très aimablement accueillis par Monsieur Bernard de Prat, accompagné de ses deux fils, Mickaël et Gaël, qui nous font découvrir les lieux. La visite organisée par l’ADCC revêt, à la vérité, une portée presque historique : c’est la première fois, depuis plus d’un siècle, que l’intérieur de la malouinière est ouvert au public. L’émotion est palpable chez nombre d’entre nous, qui, enfants, passions craintivement devant cette demeure mystérieuse en écoutant les récits effrayants de nos parents sur la sanglante destinée de ses habitants pendant la Terreur.

La Fosse-Hingant est une demeure ancienne dont les origines attestées remontent à 1418, époque où la terre relevait de la seigneurie du Plessix-Bertrand. Si la lignée des propriétaires est parfaitement connue jusqu’à nos jours, l’histoire architecturale du logis, en revanche, est longtemps restée dans l’ombre, en raison notamment de la discrétion de ses occupants successifs qui n’autorisaient guère les visites.

Le 1er janvier 1656, la propriété est acquise par Olivier Trublet, issu d’une ancienne famille de la bourgeoisie malouine. Son fils, Joseph Trublet de Nermont, ayant fait fortune dans les mers du Sud, sur les côtes du Chili et du Pérou, entreprend d’importants travaux d’embellissement. Le logis, jusque-là modeste - il ne comprenait que deux cheminées et une tour en façade (où se trouve encore l’actuel escalier en colimaçon) - est considérablement agrandi. Il ajoute l’aile droite, fait édifier un pavillon à chaque extrémité et, afin d’équilibrer l’ensemble, fait construire une seconde tour. L’édification d’une petite chapelle parachève l’ambitieuse transformation.

Mais c’est surtout la Révolution qui conférera à la Fosse-Hingant sa notoriété. Passée dans les mains de la famille Désilles, la demeure devient alors le centre névralgique de la « Conjuration bretonne », également connue sous le nom d’« Association bretonne ». Douze de ses membres, trahis par le sinistre docteur Chevetel, seront guillotinés à Paris le 18 juin 1793. Leur chef, Armand Tuffin, marquis de La Rouërie, était déjà décédé d’une pneumonie en janvier de la même année, mais son cadavre sera exhumé pour être également décapité.

Malgré sa mort prématurée, l’influence de La Rouërie sur l’Histoire de France demeure essentielle. Le réseau de conjurés et de sympathisants qu’il avait tissé préfigure la chouannerie. Promu général par George Washington, ce Breton valeureux est aussi un héros de la guerre d’indépendance américaine. Parti en Amérique avant La Fayette, revenu après lui, il est pourtant aujourd’hui infiniment moins connu, bien que certains le considèrent un peu comme un précurseur des forces spéciales (la légion Armand) : ses tactiques, dit-on, sont encore étudiées à l’académie militaire de West Point.

Deux pièces lambrissées et la cuisine de la demeure nous sont présentées en exclusivité. Des mannequins en costume d’époque, représentant les figures de la conjuration, y ont été installés pour accueillir prochainement des visites scolaires dans une scénographie réaliste. À l’écart, le docteur Chevetel, figé dans sa trahison, semble condamné à l’ombre.

Après avoir été réquisitionnée comme caserne, la propriété est restituée à la famille Désilles en 1820, mais vendue dès l’année suivante Emmanuel Hippolyte Le Joliff. Ce dernier, dans une tentative d’effacer les souvenirs sanglants qui hantent la demeure, la rebaptise « Château de Nermont» et transforme les anciens jardins à la française en un parc romantique. Son petit-fils Henri, pour séduire son épouse italienne, Alice Cristiani, fait bâtir à son intention un élégant « tempietto » : une réduction de villa vénitienne de style néoclassique, à portique dorique, et unique en son genre dans la région malouine.

Mais le destin du couple tourne au drame. Henri, accablé de dettes, finit par se donner la mort le 28 décembre 1902, dans l’entrée même de la Fosse-Hingant. Sa veuve, éperdue, quitte précipitamment les lieux et finit par vendre la propriété. Celle-ci ne reprendra son nom originel qu’en 1918 lorsqu’elle sera acquise par Maurice Petit-Macé de La Villéon qui avait fait fortune en Uruguay et fourni de nombreuses têtes de bétail aux combattants français de la Première Guerre mondiale. Il était le grand-père d’Yseult de Dieuleveult, l’épouse de l’actuel propriétaire de la Fosse-Hingant, Bernard de Prat.

En 1940, les troupes allemandes investissent la Fosse-Hingant. Une trentaine de maisons de briques y sont édifiées pour loger quelque six cents soldats, tandis que les officiers s’installent dans la malouinière de la Mettrie-aux-Louëts, de l’autre côté de l’étang de Sainte-Suzanne. La famille, quant à elle, est reléguée dans une aile de la demeure. Témoins muets de l’occupation, trois imposantes bases de canons subsistent encore dans la propriété. Un hôpital souterrain, comblé en 1945, est également creusé sur les lieux. Entre octobre 1943 et août 1944 des Russes blancs viennent renforcer les effectifs. Des panneaux bilingues, en allemand et en russe, ainsi que des dessins muraux témoignent encore aujourd’hui de leur passage. À la Libération, les lieux se révèlent fortement endommagés. L’actuel propriétaire entreprend d’importants travaux de sauvegarde et plante, probablement pour conjurer l’emprise cruelle qui semble peser sur la demeure, plus de mille trois cents rosiers de plus de deux cents espèces ainsi qu’une multitude d’arbres fruitiers.

Le 20 mars 1995 la Fosse-Hingant est inscrite Monument Historique.

À l’ombre des grands et beaux arbres du parc, un pot vraiment bienvenu nous est offert sous un soleil enfin redevenu radieux pour renouer avec la tradition des dernières années et souligner laparfaite réussite de cette nouvelle édition de la Journée des malouinières.

Christian de La Touche

 

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