Pierre-Guillaume BUISSON de LA VIGNE
Pierre-Guillaume BUISSON de LA VIGNE est né à Saint-Malo le 19 janvier 1674. Fils de Jean, Sieur de la Vigne, Capitaine de navire, il fait son apprentissage de marin avec, notamment, les Dufresne et Porée.
A 22 ans, il prend le commandement du brigantin corsaire le « COMTE DE TESSE », 7O tonneaux, 8 canons et 45O hommes d’équipage.
En Avril 1696, il quitte la rade de Saint- Malo par vent favorable. Il atteint « la Grande Sole » après 24 heures de tempête, et aperçoit, au petit matin, la flûte hollandaise le « ROI DAVID » de 400 tonneaux, 18 cannons et 6O hommes, allant à Amsterdam. Après reconnaissance et malgré la très grande différence de taille, il décide de l’aborder… « Abordons ! abordons ! » clame l’équipage consulté par son Capitaine. Le Hollandais doute de cette audace ; il ralentit son aire en déployant un grand pavillon hollandais aux armes d’Amsterdam pour essayer de l’intimider.
Cela a pour effet d’augmenter la vitesse relative du corsaire : le capitaine et le timonier sont seuls debout, les hommes sont à plat ventre, grappins suspendus aux vergues. A son approche, le Hollandais soudainement sur tribord et fait feu ; boulets et mitraille couvrent le corsaire, qui, voilure transpercée et gréement haché par vent arrière court sur son aire. Pavillon déployé, il aborde la grande flûte comme une chaloupe.
L’équipage hollandais se regroupe pour s’opposer à l’assaut des français. Mais le second capitaine du « COMTE DE TESSE » avec une dizaine d’hommes s’empare du gaillard d’avant du « ROI DAVID ». Il est rejoint par une quinzaine d’autres marins. Une lutte acharnée s’engage entre les deux équipages ; le sang ruisselle sur le pont. La Vigne-Buisson, sabre entre les dents, avec ce qu’il lui reste d’homme, arrive en renfort. Le second Capitaine tombe … Le Capitaine hollandais est abattu sur un monceau de cadavres… Acculé à la poupe et sans Capitaine, l’équipage se rend compte qu’il ne peut plus résister à la furie du combat : il se rend « à merci ».
C’est alors que Lavigne-Buisson compose un équipage à sa prise. Les couleurs nationales hollandaises sont surmontées par le pavillon bleu à croix blanche frappé de l’hermine blanche malouine. Le 9 mai, le « COMTE DE TESSE » mouille en rade de Saint-Malo, accompagné de sa prise.
Il soutient une douzaine de combats au commandement de divers navires, notamment sur la côte Malabar où, au cours de l’un d’eux, il reçoit un coup de sabre dans l’œil.
Prévoyant l’avenir, il achète en 1713, un terrain rue de Coëtquen, face à la porte de Dinan. Il y fait construire un Hôtel particulier de 3 étages et 5 appartements.
Il se marie 3 fois, en 1705, 17O9 et 1736 et aura des enfants du 2ème lit.
En 1717, il devient le Directeur de la « Compagnie Malouine » à Pondichéry où il réside avec sa famille jusqu’en 1727.
Il meurt le 27.O1.1743 et est inhumé à l’intérieur de la Cathédrale de Saint-Malo.
C’est dans cet immeuble de la rue de Coëtquen qu’ont vécu Anne et Céleste à la mort de leur père Alexis Buisson de la Vigne en 1780. Dans les » Mémoires d’Outre-tombe », François René de Chateaubriand écrit : « A peine avais-je aperçu trois ou quatre fois Mademoiselle de Lavigne, je la reconnaissais de loin à sa pelisse rose, sa robe blanche et sa chevelure blonde enflée du vent, lorsque, sur la grève, je me livrais aux caresses de ma vieille maîtresse, la mer ».
Texte de Jean-Paul des Bois de La Roche
