Les CERTAINES
Edmé de CERTAINES, Chevalier de Villemolin, naît vers 1612, d’une famille nivernaise n’ayant jamais compté de marins.
Il sollicite à 19 ans son admission dans l’Ordre de Malte où, après de longues procédures, il sera définitivement admis le 13 septembre 1632.
Désargenté, le jeune chevalier se fait attribuer par ses parents, devant Maître Perrot, notaire à Corbigny, une rente de 250 livres pour l’aider à attendre une commanderie.
Comme beaucoup de jeunes chevaliers, après leur période de formation (les caravanes), on le retrouve en 1637 dans la marine Royale, dans l’Escadre de Sourdis, où il commande le « TRITON ».
Il commande ensuite divers navires et obtient, le 2 octobre 1653, une commission de Chef d’Escadre.
Il est aussi pourvu de la Commanderie de Romagne qui appartenait au Grand Prieuré de Champagne, soit un revenu de 9000 livres brut.
A-t-il été déçu successivement par l’Ordre de Malte et la Royale ?
A-t-il voulu aider son frère Pierre qui s’était politiquement « égaré » pendant la Fronde ?
Toujours est-il qu’il obtient une lettre de course pour armer, avec son frère Pierre, le « SAINT-JOSEPH ».
Il y aura devant le tribunal, des contestations sur le partage des prises.
Il est promu le 20 juin 1667, Lieutenant, au Grand Prieuré de Champagne, de l’Ordre de Malte et, d’après une lettre de Colbert de Terron à COLBERT, en date du 10 juin 1666, il s’est retiré de la marine « par faiblesse », ce qui est compréhensible à 54 ans, après 30 ans de service à la mer.
Il meurt en 1670.
Pierre de CERTAINES, né vers 1615, hérite de sa mère la Seigneurie de Fricambault, nom sous lequel il est connu dans la Marine.
Contrairement à son aîné, Edmé de CERTAINES, il ne passe pas par l’Ordre de Malte et rentre directement dans la Royale où il terminera Chef d’Escadre, terrassé par le typhus, le 4 juin 1666, en rade de Lagos, alors qu’il commandait le « SAINT-LOUIS » dans la flotte de Mr de Beaufort.
Comment Pierre est-il passé transitoirement de ses commandements dans la Royale à la guerre de course ?
Alors qu’il venait d’être nommé chef d’escadre en 1651, mais ne le savait pas encore, Pierre avait quitté le service du Roi pour rejoindre le parti opposé lors de la Fronde.
A l’amnistie, il tenta de rentrer dans le rang mais sa nomination avait été annulée.
Pour faire oublier son attitude, il jugea sans doute utile de servir dans la guerre de course.
Le 4 novembre 1652, Pierre avait reçu une lettre de course pour le « FAUCON » avec lequel il captura le vaisseau anglais « CHEVALIER VERT ».
Anne d’Autriche, qui était Grande Maîtresse de la Navigation, toucha sa part de prise qui s’élevait à 652 livres, 17 sols et 4 deniers.
Le 24 décembre 1656, il reçoit de César de Vendôme, une nouvelle lettre de course.
Mais, en 1658, on le retrouve devant les tribunaux avec son frère Pierre à propos des prises de l’ «APOLLON » et du « SAINT-JOSEPH ».
Non content de la décision du tribunal de l’Amirauté sur le partage des prises, il se plaint à César de Vendôme qui, par une lettre du 6 août 1658, lui donne très courtoisement tort.
Il est renommé chef d’escadre, le 11 juillet 1661 et décède en 1666.
Texte Jacques-Donald de Certaines.
