
L'Épopée des malouinières, le luxueux livre de Gilles Foucqueron et
Alain Bailhache fera l'événement sur le stand des éditions malouines Cristel,
au Festival Étonnants Voyageurs. Les 80 aquarelles du peintre et les textes de
l'historien en font d'ores et déjà un livre de référence.
Partout dans la campagne
malouine, de Saint-Malo jusqu'à Cancale, Saint-Coulomb, La Richardais et au
long de la Rance, elles élèvent leurs murs de granit, solides, vastes, typiques
et magnifiques. Bien sûr, ce sont nos fameuses malouinières, ainsi que nos
beaux manoirs, construits jadis par les armateurs et négociants de
l'Intra-Muros, lesquels avaient fait fortune sur les mers, à force d'audace et
de courage, de génie quelquefois.
Pour l'essentiel, ces marins entreprenants se nommaient Jacques
Cartier et Surcouf, mais aussi Magon, Gouyon, Le Fer, La Haye, Danycan et
Bouvet : quelques-uns des plus grands noms de Bretagne ! Et les
malouinières et manoirs qu'ils nous ont laissés, et que nous admirons
aujourd'hui comme les principaux joyaux du patrimoine local, ont pour noms la
Villebague, la Chipaudière, la Houbarderie, la Giclais où vécut Nicolas
Surcouf, le Bos, la Verderie qui doit tant à la famille Danycan, le Lupin, le
manoir de Limoëlou cher à Jacques Cartier, la Villazé, le Parc, la Picaudais,
la Villegilles, le Montmarin, le Puits-Sauvage ...
Pour ce patrimoine d'exception il fallait, si possible, un livre
d'exception. Les Éditions Cristel, basées à Saint-Malo, s'y sont attelées,
réunissant la vaste érudition de l'historien Gilles Foucqueron, connu pour être
l'auteur du dictionnaire Saint-Malo, 2000 ans d'histoire, et le talent depuis
longtemps apprécié d'Alain Bailhache, peintre officiel de la Marine. Celui-ci,
patiemment, est allé réaliser sur place, trois années durant, dans les parcs et
les salons, les 80 magnifiques aquarelles qui illustrent ce livre tout en
couleurs, relié, en format à l'italienne, préfacé par le maire René Couanau et lancé par une très belle analyse du Père Bernard Heudré
qui pose en préambule une judicieuse question : comment la réussite commerciale
peut-elle se transformer en réussite artistique ?
Eh bien, c'est toute l'histoire de ce livre, qui montre que le
patrimoine de notre région doit autant au génie qu'à la générosité des hommes
qui nous ont précédés. Comme l'écrit encore Bernard Heudré, "Les
esprits chagrins pourraient penser que l'or a été follement dilapidé dans le
luxe, au détriment de populations laborieuses, souvent au bord de la précarité.
C'est oublier que les armateurs malouins n'ont pas fui leurs
responsabilités." Au contraire, lors des crises frumentaires qui ont
précédé la Révolution, ils ont souvent approvisionné la population en grains,
sans en tirer profit, pour éviter les famines.
Car on n'a jamais du génie si on n'a pas de cœur. Ce livre, L'Épopée des malouinières, en est une vibrante illustration.
Article paru dans "Le pays malouin" du 24 mai 2007